Ce n'est pas « dans la tête »

Lien stress-douleur

Lien stress-douleur

Illustration de synthèse du concept

Votre douleur est réelle. Le stress ne la rend pas imaginaire. Ce que le stress peut faire, en revanche, c'est modifier l'organisme de façon à augmenter le tonus musculaire, freiner la récupération, perturber le sommeil et amplifier la sensibilité à la douleur.

Le lien corps-esprit dans la douleur myofasciale est d'ordre biologique. Le système nerveux qui traite la menace, le stress et l'émotion régit également le tonus musculaire, la respiration, la fréquence cardiaque et la sensibilité nociceptive.

Le stress peut donc aggraver une douleur physique réelle, sans que cette douleur soit « inventée », « dramatisée » ou « dans la tête ».

Comprendre la relation stress-douleur n'a pas pour but de culpabiliser le patient. Il s'agit d'identifier l'un des facteurs de pérennisation les plus modifiables dans la douleur musculaire chronique.

L'essentiel à retenir

« Le stress compte » et « votre douleur est réelle » sont deux affirmations simultanément vraies. Reconnaître ce chevauchement renforce le traitement — il ne le fragilise pas.

Comment le stress peut activer ou entretenir des points gâchettes

La chaîne est souvent directe : le stress augmente l'activation sympathique, le corps se met en état de vigilance, les muscles restent partiellement contractés et le tissu devient progressivement plus irritable.

En situation de stress bref, l'organisme récupère habituellement. Dans le stress chronique, en revanche, le corps peut rester longtemps dans un état de défense à bas bruit et les muscles ne retrouvent jamais pleinement leur tonus de repos.

C'est pourquoi la gestion du stress n'est pas un « supplément ». Chez de nombreux patients présentant des points gâchettes chroniques, elle fait partie intégrante du traitement.

Le stress ne modifie pas seulement l'humeur. Il peut modifier la respiration, le sommeil, la vascularisation, le tonus musculaire et la sensibilité à la douleur.

L'objectif n'est pas d'éliminer tout stress. C'est de réduire la fréquence à laquelle le stress se convertit en tension musculaire soutenue.

Schémas fréquents de tension liée au stress

Serrement de mâchoire

Masséter, temporal

Sous l'effet du stress — notamment lors d'une concentration soutenue ou d'un sommeil perturbé — bon nombre de personnes serrent involontairement les mâchoires. Cette mise en charge prolongée peut, à terme, activer des points gâchettes dans le masséter et le temporal, générant des céphalées, des douleurs mandibulaires, des algies faciales ou une sensation dentaire désagréable en l'absence de toute pathologie dentaire identifiée.

Élévation des épaules

Trapèze supérieur, élévateur de la scapula

Le haussement imperceptible des épaules est l'une des manifestations musculaires du stress les plus répandues. Le trapèze supérieur et l'élévateur de la scapula maintiennent une contraction prolongée, souvent pendant des heures, à l'insu du sujet. Cette surcharge soutenue favorise la formation de points gâchettes responsables de raideur cervicale, de douleurs d'épaule et de céphalées de tension.

Crispation des mains

Fléchisseurs de l'avant-bras, muscles intrinsèques de la main

Le stress entraîne fréquemment une tension dans les mains et les avant-bras — prise involontaire sur un objet, serrement d'un volant ou d'une poignée. Les fléchisseurs de l'avant-bras et les petits muscles de la main se trouvent ainsi soumis à une charge sans justification mécanique. Avec le temps, cette habitude peut générer des douleurs ressemblant à celles d'une tendinopathie ou d'un trouble lié à des gestes répétitifs.

Blocage ou respiration thoracique haute

Diaphragme, scalènes, intercostaux

Le stress déplace habituellement la respiration vers le haut du thorax, réduisant l'amplitude diaphragmatique. Lorsque le diaphragme s'efface, les muscles respiratoires accessoires — scalènes en tête — compensent en excès de travail et peuvent devenir douloureux ou développer des points gâchettes.

Contraction abdominale

Grand droit, obliques

Certaines personnes répondent au stress par une mise en tension réflexe de la paroi abdominale. Un gainage prolongé du grand droit et des obliques peut créer une sensation de brûlure, de crampe ou de nœud abdominal, et perturbe également la respiration diaphragmatique.

Le cercle vicieux

Stress
Tension musculaire
Points gâchettes
Douleur
Davantage de stress
Davantage de tension

Ce cycle est auto-entretenu — mais il peut être interrompu en plusieurs points.

Ce que cela implique pour le traitement

Si les points gâchettes sont traités localement sans que le corps sorte du schéma de tension lié au stress, les symptômes réapparaissent souvent. Un plan thérapeutique efficace aborde généralement à la fois le tissu local et la physiologie du stress.

Où votre corps loge-t-il le stress ?

La plupart des personnes présentent un schéma de tension reconnaissable. Certaines serrent les mâchoires, d'autres élèvent les épaules, contractent le ventre, crispent les mains ou verrouillent les hanches. Identifier votre propre schéma facilite une intervention plus précoce.

Tête et mâchoire

Comment le repérer :

Réveil avec une mâchoire douloureuse, serrement surpris en pleine journée, claquements à l'ouverture buccale, ou tensions temporales sans cause évidente.

Ce que cela provoque :

Douleur sourde au niveau des tempes, douleur articulaire mandibulaire, odontalgie sans étiologie dentaire, céphalée en bandeau ou visage contracté.

Schéma fréquent de points gâchettes :

Les points gâchettes du masséter projettent vers les dents, la joue et l'oreille. Ceux du temporal vers la tempe, le sourcil et les dents supérieures. L'atteinte du ptérygoïdien médial se manifeste par une otalgie profonde et une gêne mandibulaire diffuse.

Cou et épaules

Comment le repérer :

Épaules remontées, sensation de rigidité à la rotation cervicale, ou trapèzes induré et sensible à la fin de la journée.

Ce que cela provoque :

Épaules lourdes et douloureuses, nuque raide, douleur à la base du crâne, céphalées débutant en cervical postérieur et irradiant vers l'avant.

Schéma fréquent de points gâchettes :

Les points gâchettes du trapèze supérieur projettent vers la tempe et la région rétro-orbitaire — cause fréquente de céphalées de tension. Ceux de l'élévateur de la scapula entraînent une cervicalgie douloureuse à la rotation. Le sterno-cléido-mastoïdien (SCM) projette vers le front, l'oreille et la mâchoire.

Thorax et côtes

Comment le repérer :

Respiration perçue comme superficielle, impression de ne pouvoir prendre une inspiration complète, ou oppressions thoraciques survenant lors des périodes de stress.

Ce que cela provoque :

Tension de la paroi thoracique, difficulté à respirer profondément, douleur costale, ou sentiment de pression antérieure.

Schéma fréquent de points gâchettes :

Les points gâchettes pectoraux, intercostaux, scaléniques et diaphragmatiques peuvent tous concourir à des symptômes thoraciques paraissant alarmants mais d'origine musculo-squelettique.

Abdomen et tronc

Comment le repérer :

Paroi abdominale perçue comme contractée, même au repos, ou ventre « noué » en dehors de toute contrainte physique.

Ce que cela provoque :

Inconfort abdominal à type de crampe, pression, nœud persistant ou tension de paroi confondue avec un trouble fonctionnel digestif.

Schéma fréquent de points gâchettes :

Les points gâchettes du grand droit et des obliques projettent dans l'abdomen, le flanc, l'aine ou le bas thorax — des tableaux fréquemment méconnus.

Mains et avant-bras

Comment le repérer :

Prise excessivement serrée sur le volant, le clavier ou le téléphone, ou réveil avec des mains tendues et fatiguées.

Ce que cela provoque :

Douleur diffuse de l'avant-bras, douleur du poignet, fatigabilité à la préhension, tension des mains ou fourmillements s'aggravant sous stress.

Schéma fréquent de points gâchettes :

Les points gâchettes des fléchisseurs et extenseurs de l'avant-bras contribuent à des symptômes du poignet et de la main évoquant un syndrome de surmenage.

Hanches et bassin

Comment le repérer :

Sensation chronique de tension dans les hanches, le plancher pelvien ou le bas du dos lors des périodes de stress ou après une position assise prolongée.

Ce que cela provoque :

Douleur profonde de hanche, pesanteur pelvienne, tension fessière, raideur lombaire, ou irradiation vers l'aine et la fesse.

Schéma fréquent de points gâchettes :

Les points gâchettes du psoas, du plancher pelvien, du piriforme et des fessiers interagissent fréquemment avec le stress, les attitudes de vigilance, les postures assises et la rétention du souffle.

Bilan rapide

Suspendez la lecture un instant et observez votre corps. Les dents se touchent-elles ? Les épaules sont-elles remontées ? Le ventre est-il contracté ? Les mains serrent-elles quelque chose ? Retenez-vous votre souffle ? Un rapide bilan de conscience peut permettre de repérer la tension liée au stress avant qu'elle ne s'aggrave.

Le cycle douleur-stress-douleur

La douleur est elle-même un facteur de stress. Dès lors que la douleur devient persistante, elle peut déclencher davantage de vigilance, de tension défensive et d'activation sympathique — qui alimentent en retour la douleur.

C'est en partie ce qui distingue la douleur chronique de la douleur aiguë. Les symptômes ne reflètent pas seulement l'état tissulaire — ils peuvent aussi refléter l'état du système nerveux, la crainte, la fatigue et la charge de stress.

La spirale du déconditionnement

La douleur altère la qualité du sommeil et la capacité de récupération.

Un sommeil de mauvaise qualité augmente la fatigue et réduit la tolérance à l'effort.

La réduction d'activité entraîne un déconditionnement progressif.

Les tissus déconditionnés deviennent plus vulnérables à la surcharge.

La douleur se déclenche plus facilement et s'apaise moins bien.

Le cycle se poursuit, sauf si l'on y intervient.

La boucle anxieuse

La douleur est vécue comme une menace ou une source d'imprévisibilité.

L'anxiété accroît la tension musculaire protectrice.

Cette tension peut créer de nouvelles zones douloureuses ou aggraver les zones existantes.

L'intensité de la douleur renforce la vigilance et la crainte.

La boucle se resserre si le schéma n'est pas reconnu et interrompu.

Le chemin de la dépression

La douleur persistante érode la motivation et l'humeur.

L'activité diminue parce que tout devient plus difficile.

Moins de mouvement s'accompagne souvent de davantage de raideur et de vigilance.

La douleur s'étend ou devient plus envahissante.

Un sentiment d'impuissance s'installe, pouvant réduire l'engagement dans le soin.

Le cycle s'approfondit si un soutien n'est pas apporté.

Le modèle d'évitement par la peur

Quand la douleur est interprétée comme un danger, les personnes tendent à éviter le mouvement. À court terme, cela paraît protecteur. À long terme, cela réduit habituellement les capacités et fragilise davantage le système.

L'objectif n'est pas une exposition inconsidérée. C'est une réintroduction progressive d'activités significatives, pour que le corps et le cerveau réapprennent que le mouvement est possible et non systématiquement nocif.

Un mot franc sur le catastrophisme

Le catastrophisme est un terme clinique désignant la tendance à amplifier la menace, à se sentir impuissant et à rester mentalement focalisé sur la douleur. Ce schéma est très fréquent dans la douleur chronique, et il est compréhensible.

Il ne s'agit pas d'un défaut de caractère. C'est souvent la réponse d'un système nerveux qui tente de protéger lorsque la douleur est confuse, sévère ou longtemps mal expliquée.

Si les cliniciens accordent de l'importance au catastrophisme, c'est parce qu'il est modifiable. Quand il s'atténue, l'intensité douloureuse et l'incapacité s'améliorent souvent avec lui.

En savoir plus sur ces schémas

Notre page Stratégies TCC pour la douleur approfondit les méthodes pratiques pour travailler avec la peur, la rumination et l'anxiété liée à la douleur.

Rompre le cycle

Il n'est pas nécessaire de tout résoudre en même temps. Le cycle stress-douleur devient plus gérable dès lors qu'on parvient à interrompre un maillon de façon régulière.

Les techniques suivantes ciblent le maillon tension musculaire–système nerveux. Elles sont simples, peu coûteuses et souvent d'une efficacité étonnante lorsqu'elles sont pratiquées avec régularité.

Respiration diaphragmatique

Mécanisme d'action : Une respiration diaphragmatique lente contribue à réduire l'activation sympathique, à diminuer la tension musculaire superflue et à améliorer la conscience corporelle chez les patients dont la respiration est essentiellement thoracique.

Protocole pas à pas

  1. 1

    Prendre une position assise ou allongée confortable.

  2. 2

    Poser une main sur la poitrine, l'autre sur le ventre.

  3. 3

    Inspirer lentement par le nez en laissant le ventre se soulever davantage que la poitrine.

  4. 4

    Expirer lentement en laissant le corps se détendre.

  5. 5

    Répéter plusieurs minutes sans forcer le rythme.

  6. 6

    Pratiquer régulièrement, et pas seulement lors des poussées douloureuses.

Point pratique : Le compte précis importe moins que la qualité de la respiration. Un temps d'expiration plus long que l'inspiration constitue généralement le schéma le plus bénéfique.

Relaxation musculaire progressive (RMP)

Mécanisme d'action : La RMP aide à redécouvrir la différence entre tension et relâchement. Dans la douleur chronique, beaucoup de patients ne perçoivent plus leur niveau de tension habituel avant qu'il ne se transforme en douleur.

Protocole pas à pas

  1. 1

    Choisir une position confortable.

  2. 2

    Parcourir le corps région par région.

  3. 3

    Contracter doucement chaque région si cela est sans douleur, puis relâcher complètement.

  4. 4

    Marquer une pause pour ressentir le contraste.

  5. 5

    Continuer à un rythme tranquille.

  6. 6

    Dans les zones douloureuses, omettre la phase de contraction et se concentrer uniquement sur le relâchement.

Point pratique : L'objectif n'est pas une séance de méditation parfaite. C'est réapprendre à reconnaître ce que signifie se décontracter.

Balayage corporel

Mécanisme d'action : Le balayage corporel améliore la conscience intéroceptive — la capacité à repérer la tension avant qu'elle ne devienne une poussée douloureuse.

Protocole pas à pas

  1. 1

    S'installer quelques minutes en position assise ou allongée.

  2. 2

    Parcourir le corps de la tête aux pieds.

  3. 3

    Repérer les zones de tension sans les juger.

  4. 4

    Lorsqu'une zone tendue est identifiée, adoucir le souffle et observer si quelque chose change.

  5. 5

    Poursuivre lentement jusqu'au bout du corps.

  6. 6

    Aborder cet exercice comme une pratique de sensibilisation plutôt que de performance.

Point pratique : La prise de conscience est déjà un acquis. La détente complète est souhaitable, pas obligatoire.

Pleine conscience du corps

Mécanisme d'action : Cette approche permet de repérer les schémas de tension liés au stress au fil des activités quotidiennes ordinaires, sans se limiter à des séances formelles.

Protocole pas à pas

  1. 1

    Choisir une activité routinière — marcher, manger, se brosser les dents.

  2. 2

    Pendant cette activité, observer la mâchoire, les épaules, le ventre, les mains et la respiration.

  3. 3

    Distinguer ce qui mobilise un effort utile de ce qui constitue une tension superflue.

  4. 4

    Relâcher uniquement la partie inutile.

  5. 5

    Répéter quotidiennement jusqu'à ce que ces vérifications deviennent plus automatiques.

Point pratique : Cette approche est souvent plus réaliste que de tenter de longues séances de méditation quand la douleur est élevée.

L'habitude du contrôle d'épaules

Mécanisme d'action : Parce que la vigilance du trapèze supérieur est si commune, un simple rappel régulier de posture et de tension peut éviter des heures de contraction accumulée.

Protocole pas à pas

  1. 1

    Programmer un rappel récurrent pendant les heures d'éveil.

  2. 2

    À chaque signal, observer la position des épaules.

  3. 3

    Si elles sont élevées, les hausser doucement une fois puis les laisser retomber.

  4. 4

    Prendre une respiration plus lente.

  5. 5

    Reprendre l'activité en cours.

  6. 6

    Répéter suffisamment pour que l'habitude devienne automatique.

Point pratique : L'objectif n'est pas une posture parfaite. C'est d'interrompre la vigilance musculaire inconsciente.

Protocole de décontraction de la mâchoire

Mécanisme d'action : Le serrement de mâchoire est l'une des réponses au stress les plus fréquentes et les plus négligées chez les patients douloureux chroniques.

Protocole pas à pas

  1. 1

    Mémoriser la position de repos mandibulaire : lèvres jointives, dents disjointes.

  2. 2

    Utiliser des rappels visuels dans l'environnement quotidien.

  3. 3

    Dès que le serrement est perçu, laisser la mâchoire s'adoucir.

  4. 4

    Poser la langue doucement contre le palais, juste derrière les incisives supérieures, si cela aide à réduire la contraction.

  5. 5

    En cas de serrement nocturne important, en discuter avec un chirurgien-dentiste ou un médecin.

Point pratique : « Lèvres jointes, dents écartées » est un repère mnémotechnique simple que beaucoup de patients intègrent facilement.

Gérer le stress au quotidien

Les conseils génériques sont le plus souvent trop vagues pour aider réellement les patients douloureux chroniques. L'objectif ici n'est pas un « calme parfait » — c'est moins de pics inutiles, une meilleure récupération et moins de tension musculaire permanente.

Poser des limites

Le surengagement est un facteur concret de pérennisation des tensions musculaires. Quand l'agenda reste surchargé, le corps demeure souvent dans un état de vigilance chronique.

Pour les patients atteints de SDM en particulier :

Pour les patients atteints de syndrome douloureux myofascial (SDM) : réduire les pressions horaires inutiles, préserver des marges de récupération et protéger son énergie peut être aussi important que tout traitement local.

Hygiène du sommeil

Un sommeil insuffisant amplifie la sensibilité à la douleur, fragilise la récupération et rend plus difficile la régulation du tonus musculaire. Le sommeil est souvent l'un des axes thérapeutiques les plus rentables.

Pour les patients atteints de SDM en particulier :

Une heure de lever constante, une chambre fraîche et sombre, une limitation de la caféine en soirée et une attention à la position de sommeil produisent souvent des effets supérieurs aux attentes initiales des patients.

Lien social

L'isolement social et la douleur chronique s'alimentent mutuellement. Un lien relationnel de qualité allège la charge de stress, améliore l'humeur et rend l'activité plus envisageable.

Pour les patients atteints de SDM en particulier :

L'objectif n'est pas une sociabilité intense — un contact peu exigeant peut suffire à rompre l'isolement et à améliorer la tolérance à la douleur.

Nature et plein air

Le temps passé en extérieur contribue à réduire l'activation du stress, à améliorer l'humeur, à stabiliser les rythmes du sommeil et à favoriser un mouvement doux.

Pour les patients atteints de SDM en particulier :

Une courte promenade quotidienne ou même quelques minutes de calme dans un espace extérieur peuvent suffire à produire un effet mesurable.

Le rire

Un rire authentique peut relâcher les tensions, modifier la respiration et améliorer l'humeur. Ce n'est pas un traitement à part entière, mais c'est souvent un régulateur sous-estimé de la physiologie du stress.

Pour les patients atteints de SDM en particulier :

L'humour n'est pas accessoire dans la réhabilitation des douleurs chroniques — il fait partie des outils de réduction du stress les plus accessibles et les moins contraignants.

Recourir à un professionnel est une démarche de soin

Lorsque l'anxiété, un trauma, une humeur dépressive ou un sentiment de débordement amplifient manifestement la douleur, un accompagnement professionnel peut devenir l'une des interventions thérapeutiques les plus efficaces.

Pour les patients atteints de SDM en particulier :

Une thérapie éclairée par la problématique de la douleur, notamment la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) appliquée à la douleur chronique, peut réduire la crainte, améliorer les stratégies d'adaptation et rendre le traitement physique plus efficace. En France, les centres d'évaluation et de traitement de la douleur (CETD) proposent ces prises en charge dans le cadre de l'Assurance Maladie.

Quand le stress devient un enjeu médical

Parfois, le stress ne relève plus du « quotidien ordinaire ». Les troubles anxieux, les séquelles traumatiques et la dépression peuvent devenir des amplificateurs majeurs de la douleur chronique et méritent une prise en charge spécifique, au-delà des seules stratégies personnelles.

Troubles anxieux

Les troubles anxieux maintiennent une activation sympathique persistante, une tension musculaire défensive, un sommeil perturbé et une hypervigilance somatique — autant de facteurs qui amplifient la douleur.

Signes d'alerte

  • Inquiétude persistante perçue comme difficile à maîtriser
  • Tension physique, pensées envahissantes ou impression permanente d'être « en alerte »
  • Perturbation du sommeil
  • Tension musculaire déconnectée de toute contrainte physique identifiée
  • Évitement d'activités motivé par la crainte plutôt que par une lésion avérée

Stress lié à un trauma

L'hypervigilance post-traumatique peut maintenir le corps dans un état de tension et d'alerte prolongé, influençant fortement les schémas douloureux myofasciaux.

Signes d'alerte

  • Réaction de sursaut disproportionnée
  • Tension corporelle défensive persistante
  • Perturbation du sommeil ou cauchemars
  • Sentiment de déconnexion vis-à-vis du corps
  • Douleurs s'intensifiant au contact de rappels de situations de menace ou de débordement

Dépression

Une humeur basse, un sentiment d'impuissance et une réduction de la motivation diminuent l'activité, aggravent le sommeil et alourdissent le retentissement de la douleur.

Signes d'alerte

  • Tristesse persistante ou émoussement affectif
  • Perte d'intérêt pour les activités habituelles
  • Fatigue allant au-delà de la simple fatigue physique
  • Modification du sommeil et de l'appétit
  • Sentiment d'impuissance quant à la possibilité de guérir

Envisager un traitement médicamenteux

Certains patients tirent bénéfice d'un traitement pharmacologique lorsque l'anxiété, la dépression ou l'insomnie participent clairement au cycle douloureux. Cette décision doit être individualisée et prise avec un médecin compétent.

Le traitement médicamenteux fonctionne généralement mieux dans le cadre d'un projet thérapeutique plus large, incluant éventuellement une psychothérapie, une intervention sur le sommeil, une éducation thérapeutique et une rééducation physique.

Consulter un professionnel de santé mentale

Consulter un professionnel si l'une des situations suivantes s'applique :

  • La douleur a entraîné un retrait majeur de la vie quotidienne ou des relations
  • Un sentiment d'impuissance persistant face à la douleur
  • Des troubles du sommeil sévères malgré des mesures d'hygiène de base
  • La crainte de la douleur empêche de participer aux activités ou aux soins recommandés
  • Des substances sont utilisées principalement pour faire face à la douleur ou au stress
  • Un sentiment d'insécurité ou de crise est présent

En situation de crise ou si vous vous sentez en danger, contactez le 15 (SAMU), le 3114 (numéro national de prévention du suicide, 24 h/24) ou rendez-vous aux urgences les plus proches.

Pour approfondir : TCC pour la douleur

La TCC appliquée à la douleur chronique peut réduire la peur, le sentiment d'impuissance et l'amplification par le stress. Voir notre page Stratégies TCC.

Point scientifique

L’angle scientifique

L’angle scientifique

Diagramme de mécanisme

Pour ceux qui souhaitent un aperçu technique, voici les principaux mécanismes biologiques reliant le stress à la douleur musculaire et à la sensibilité nociceptive.

Cortisol et récupération

Le stress chronique peut modifier les rythmes de sécrétion du cortisol et perturber la récupération musculaire, le sommeil et la régulation inflammatoire. Il en résulte souvent un organisme plus lent à se calmer et à s'adapter.

Système nerveux sympathique et vascularisation musculaire

Le stress oriente le système nerveux vers la prédominance sympathique. Au niveau musculaire, cela se traduit par une tension accrue, un relâchement diminué et des conditions locales de récupération moins favorables.

Dysrégulation de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien

Dans les états de douleur et de stress prolongés, les systèmes de réponse au stress peuvent se dérégler. Les patients ressentent souvent cela comme une fatigue permanente, une récupération insuffisante, un sommeil de mauvaise qualité et une réactivité accrue.

La réduction du stress peut diminuer la sensibilité des points gâchettes

Les interventions ciblant la gestion du stress peuvent améliorer les seuils douloureux et réduire l'intensité symptomatique chez de nombreux patients douloureux chroniques, même en présence de points gâchettes toujours actifs.

Pour aller plus loin

Pour une compréhension approfondie du traitement de la douleur par le système nerveux, consulter notre page Éducation aux neurosciences de la douleur. Pour les stratégies de régulation parasympathique, voir notre page Stimulation du nerf vague.

Continuer à apprendre

Le cycle stress-douleur
Cortisol et charge de stress

Le stress chronique peut dérégler la récupération, la qualité du sommeil et la sensibilité tissulaire.

Prédominance sympathique

La réponse de combat-fuite se manifeste souvent par une respiration superficielle, une tension défensive et un relâchement diminué.

Tension musculaire défensive

La mise en tension protectrice peut créer ou entretenir des points gâchettes dans des muscles déjà sensibles.

Perturbation du sommeil

Un sommeil insuffisant réduit la réparation tissulaire et abaisse le seuil de tolérance à la douleur le lendemain.